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EXPOSITION - Städtische Galerie et Kunstverein d’Offenbourg
Dans les mythologies de Raymond Waydelich
Jusqu’au 28 mai à la Städtische Galerie et au Kunstverein d’Offenbourg au Kulturforum (Armand-Goegg. Strasse 2)   à Offenbourg. Du mardi au vendredi, de 13 h à 17 h ; samedi et dimanche de 11 h à 17 h.
 
Il n’a pas encore eu, en son Alsace natale, l’hommage qui saluerait son exceptionnel parcours d’artiste. En attendant, de l’autre côté du Rhin, à Offenbourg, Raymond Émile Waydelich, 78 ans, fait l’objet d’une rétrospective qui revisite ses mythologies et ses fictions. Une fantasque nostalgie.
 
Icare1.jpg« Ils sont venus me chercher. Moi, je n’avais rien demandé ! » L’éclair qui passe dans ses yeux, le sourire rayonnant qu’il affiche font comprendre que Raymond Émile Waydelich n’a pas dû hésiter longtemps quand la Städtische Galerie et le Kunstverein d’Offenbourg sont venus frapper à sa porte.
D’autant qu’il est extrêmement rare que les deux institutions, qui pourtant partagent le même bâtiment, une ancienne caserne du Kulturforum d’Offenbourg, concentrent leurs moyens sur un seul et même projet. Ce qui donne à l’arrivée, pour l’exposition de Waydelich un accrochage très ambitieux : 150 pièces réparties sur deux étages et embrassant plus de quatre décennies d’une production où les techniques virevoltent et parfois s’épousent – sculptures, assemblages, gravures, dessins, peintures, collages, photographies, acier découpé…
 
L’Homme de Frédehof : de la biennale de Venise au musée des Offices à Florence
 
Une belle monographie, en édition bilingue (français/allemand), accompagne cet hommage rendu à un artiste qui fut le dernier Alsacien à participer à la prestigieuse biennale de Venise – après Jean Arp, honoré en 1954 du Grand Prix de la sculpture.
Raymond Émile Waydelich y représentait en effet la France, en 1978, avec son Homme de Frédehof , vaste installation qui emmenait le visiteur dans une fiction post-catastrophe nucléaire. S’improvisant “archéologue du futur”, il y découvrait, dans ce qui s’apparentait à un abri antiatomique, un personnage fossilisé par les siècles. Assis dans un fauteuil, il portait un masque conique affublé d’un long bec rappelant celui des médecins de Molière. L’installation procédait d’une accumulation d’objets mettant en scène un récit de science-fiction ancré dans un imaginaire de la découverte, du temps suspendu, du mystère des civilisations enfouies soudainement exhumées. Un matériau d’images nourri de l’épopée des grandes figures de l’archéologie, tels Heinrich Schliemann, le découvreur de Troie et Mycènes, ou Arthur John Evans qui mit au jour les palais de Cnossos, et dont, adolescent, Waydelich dévorait le récit passionnant de leurs aventures. Bien plus tard, son Homme de Frédehof entrera dans les collections du musée des Offices à Florence. « T’imagines, au musée des Offices ! » s’enthousiasme Waydelich, ravi de figurer dans ce temple de la Renaissance italienne.
 
Cette puissante poésie du voyage à travers les siècles ou l’espace, qui mobilise autant l’art savant que les cultures populaires, n’a jamais cessé de hanter le travail de l’artiste depuis l’ Homme de Frédehof.
Elle était même déjà présente quelques années auparavant, au hasard de la découverte, chez un bouquiniste, d’un cahier de couture d’une certaine Lydia Jacob, où figurait l’année de sa naissance : 1876. « L’écriture était soignée, les dessins incroyablement propres », raconte Waydelich. Une vie rêvée de Lydia Jacob a ainsi éclos, avec sa famille inventée – un oncle pêcheur professionnel, un autre botaniste, un troisième photographe aux États-Unis et, pour faire bonne mesure, un quatrième archéologue.
 
Support de prédilection pour incarner ce destin enfoui dans les strates du temps et de l’oubli : des boîtes-reliquaires dont Waydelich fera un petit théâtre de l’objet, du vrai-faux document, tel les portraits photographiques d’une Lydia Jacob prenant très sérieusement la pose – « Ma grand-mère ! », indique-t-il.
 
Cranach l’Ancien, l’Égypte antique et la truite au regard vitreux
 
Cette vie poétisée va accompagner toute la trajectoire artistique de Waydelich. L’exposition présente ainsi quelques très anciens témoignages – des boîtes réalisées dès 1973/1974, à l’origine même de la saga jacobienne. Elle alterne avec des mythologies plus identifiables pour le commun des mortels, aux profils très variables.
 
heidi1.jpgOn y côtoie en effet Chiron, le centaure de l’antiquité grecque, et la marque d’électroménager Siemens représentée par un aspirateur en marbre (!), John Wayne à la gâchette facile et Ettore Bugatti aux voitures conçues comme de petites merveilles mécaniques, Heidi l’alpestre et le Titanic en attente d’un spectaculaire naufrage, Icare au destin éphémère et la kalachnikov à l’exceptionnelle longévité – la mitraillette russe au motif « qu’elle est connue dans le monde entier, tu vas au Mozambique ou au Vietnam, tu leur parles de la Joconde, ils ne connaissent pas, mais la kalachnikov, si ! »
De ce vaste chaudron des formes et des techniques où Waydelich fait bouillir son imaginaire, émergent des œuvres fantasques et nostalgiques, désuètes et colorées. Un monde plein de fraîcheur, improbable, où Cranach l’Ancien dialogue avec l’Égypte des pharaons sous le regard vitreux d’une truite. « Life is but a dream », nous rappelle l’artiste, sur un faux tableau ancien où il va jusqu’à imiter les craquelures de la couche picturale malmenée par le temps.
Cette vie qu’il passe à la moulinette du rêve et de la poésie, Raymond Émile Waydelich en fait un éternel motif d’enchantement, un appel à s’émerveiller de ces nécessaires mythologies et légendes qui hantent la conscience des hommes. Pour lui, à quoi bon l’art s’il ne raconte pas d’histoires ?
 

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